Nuit Blanche 2026
LIQUID MIRROR

Mathias Kiss
Petit Palais

Samedi 6 juin 2026 / 19h – 1h

 

Placée sous le signe de l’amour par sa directrice artistique Barbara Butch, la 25e édition de la Nuit Blanche se tiendra le 6 juin prochain et accueillera un projet inédit de l’artiste plasticien Mathias Kiss, réalisé en collaboration avec la Fondation Loo&Lou.

Intitulée Liquid Mirror, Mathias Kiss propose une installation in situ conçue en dialogue avec l’architecture du bâtiment de 1900.

Portrait de Mathias Kiss © David Zagdoun

C’est la seconde fois qu’un projet de la Fondation est intégré à la programmation officielle, après Côte 15,28 : l’amour déborde, une œuvre monumentale de Pierre Delavie installée sur la façade de la Conciergerie en 2016.

Mathias Kiss, artiste plasticien français d’origine hongroise, est né en 1972 à Poissy. Il vit et travaille à Paris. Formé aux métiers de la peinture et de la restauration de Monuments Historiques (Musée du Louvre), il réinvente les codes classiques pour sculpter des espaces qui défient la perception. Il fonde en 2002 l’atelier Attilalou. Depuis 2008, il développe une œuvre singulière, Miroir Froissé , série 90°, Sky Painting, exposée au Palais de Tokyo et au Mobilier National.

L’installation de Mathias Kiss au Petit Palais se présente comme une surface de miroirs fragmentés, composée de modules carrés qui semblent se liquéfier et traverser l’espace.

Organisée selon une trame rigoureuse, cette matière réfléchissante et rigide adopte pourtant un comportement fluide : elle descend, se déploie et se prolonge au sol comme si le monument lui-même entrait en mouvement. La fragmentation en modules évoque la logique du pixel, unité minimale de l’image numérique. Kiss transpose ainsi dans l’espace patrimonial une syntaxe propre à l’ère technologique : le pixel quitte l’écran pour devenir matière architecturale. Là où l’architecture affirme stabilité et permanence, Liquid Mirror suggère un état transitoire, le monument ne se transforme pas, il semble momentanément traversé par un phénomène lumineux.

Placée dans l’axe de L’Allégorie Le Triomphe des femmes de Georges Picard, l’installation dialogue avec celle-ci. À l’ascension peinte répond une chute lumineuse ; à la figure unifiée, une présence démultipliée.

Le miroir ne propose pas une nouvelle image : il capte le présent. Les visiteurs apparaissent fragmentés, superposés, intégrés à l’œuvre.

Par le prisme du thème de cette 25e édition, l’amour, l’œuvre devient une expérience relationnelle. L’amour n’est pas illustré, mais il se manifeste dans le reflet partagé, dans la superposition des silhouettes, dans la présence de l’autre au sein même de son image.

Montage photo de Liquid Mirror au Petit Palais © Alice Heart